On en parle

L’entreprise normande crée des forêts au Brésil

Une forêt commerciale, c’est possible. Tel est le fer de lance de la société Brazil Forest, qui a ses bureaux à Caen. Depuis 2010, elle se sert de la taxe carbone, que toute entreprise doit payer, pour planter des arbres.

Qu’est-ce que la taxe carbone ?

On appelle taxe carbone la somme dont une entreprise doit s’acquitter lorsque, dans son secteur d’activité, elle émet du dioxyde de carbone, aussi appelé gaz à effet de serre. Ce gaz, déjà émis par la surface terrestre, est en augmentation depuis plusieurs années. Il est à l’origine du récent réchauffement climatique. Les « pollueurs » paient cette taxe en fonction de la pollution qu’ils dégagent de leur secteur d’activité.

Comment Brazil Forest change la donne ?

Les entreprises qui font appel à la société normande paient toujours. Mais l’argent versé sert à la plantation de milliers d’arbres au Brésil et devient un investissement. « Le cycle de vie de l’eucalyptus permet d’atteindre une coupe finale en 12 ans. De plus, lorsqu’une parcelle de terre est acquise, seul 70 % sont exploités, les 30 restants sont laissés à la nature. On appelle cela une forêt primaire, explique Stéphane Ledentu, président. Les investisseurs bénéficient ensuite de la vente du bois. »

Comment faire pour répondre à une demande croissante ?

Le marché du bois étant en plein essor, la marque Brazil Forest a mis en place depuis 2010, date de sa création, un cycle ingénieux. Les arbres plantés sont de la famille des eucalyptus. « Cette variété est adaptée à la chaleur et aux pluies du territoire brésilien. Et à une pousse rapide. »

Au bout de 4 ans, 33 % du volume sont coupés pour en faire de la pâte à papier (ex : emballage). Quatre ans de plus, et ce sont 46 % qui sont coupés pour en faire du bois de meuble. Encore 4 ans, et on arrive à du bois de construction (ex : charpentes). Brazil Forest emploi six ingénieurs (agronomes, bois, forestiers) et entre 300 en 400 brésiliens.

Quels avantages pour la forêt ?

Un sauvetage pur et simple du poumon vert de la planète, la forêt amazonienne. « L’arrivée du e-commerce, qui a commencé aux alentours de 2004, a fait exploser la consommation. De plus en plus d’achats sont effectués par Internet, et le papier d’emballage, par exemple, est devenu un marché important. »

Une récente étude du CNRS estime qu’elle est composée d’environ 309 milliards d’arbres étalés sur un territoire de plus de 6 000 000 millions de km (la France fait environ 540 000 km). Dix-sept pour cent de sa surface totale ont été détruits durant les 35 dernières années. Sur la planète, l’équivalent en forêts de la superficie de la Grèce disparaît chaque année.